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Biblioforum


Taine H., Philosophie de l’art, textes présentés et annotés par J. F. Revel, Editions Hermann, 2009

  •  Hippolyte Taine est un peu oublié aujourd’hui. On peut trouver son ‘Voyage en Italie’, mais seulement dans les bonnes librairies ; sa ‘Philosophie de l’art’ est connue, mais principalement des spécialistes de l’art. Pourtant Taine a été l’un des maîtres à penser de la France dans le dernier tiers du XIXè siècle, sa pensée a marqué son époque. Qui est Taine ? En quoi consiste sa pensée ? Pourquoi ne le comprenons-nous plus aujourd’hui ? C’est ce que nous propose de découvrir cet ouvrage publié aux éditions Hermann à travers de larges extraits de sa ‘Philosophie de l’art’ mais aussi en proposant des morceaux de son voyage en Italie et d’essais.


    Alors Taine ? 1828 – 1893. Normalien, est philosophe et historien. Il a été nommé professeur de l’histoire de l’art à l’école des beaux-arts mais ses idées libérales lui ont attiré des ennuis qui l’empêchèrent d’avoir une carrière d’universitaire. Il est mis en article par Zola dans ‘Taine artiste’ paru dans la Revue contemporaine en 1866 ; ami de Michelet, Flaubert, Les Goncourt ou Zola ; « Voyageur qui a parcouru une bonne partie de l’Europe, qui a porté un regard passionné sur les richesses des musées flamands, hollandais, anglais, italiens et bien sûr français. » (J. F. Revel).
    L’ouvrage présenté ici s’ouvre sur une présentation du philosophe par Jean François Revel très éclairante quant à la personne et à l’œuvre de Taine où il nous précise d’emblée que cet auteur « a tenté de construire, chose neuve pour l’époque en France, une science de l’art ».  Comme Comte l’a fait avec la connaissance, Taine a entrepris de présenter une somme sur la philosophie de l’art et porter un vaste regard sur l’ensemble de notre culture. Mais son effort de systématisation de la théorie de l’art (qui s’opposait au spontanéisme des romantiques) le rend aussi inactuel autant par le passé qu’aujourd’hui ; mais pensée contradictoire, Taine explore « la voie positive de la science » et magnifie le droit à la subjectivité.


    Cette ‘Philosophie de l’art’ qui donne le nom à cet ouvrage. Et qui en constitue la plus grande partie. Sept chapitres sont ici présentés parcourant les grandes idées de cette œuvre composée de cinq volumes en 1865. H. Taine commence par présenter sa méthode – qui « consiste à reconnaître qu’une œuvre d’art n’est pas isolée » et qu’il faut « par conséquent chercher l’ensemble dont elle dépend et qui l’explique ». Il en va de même pour l’artiste qui s’inscrit dans le monde qui l’entoure. - ; puis les grandes questions essentielles : Qu’est-ce que l’art ? et Qu’est-ce que le talent ?. Viennent ensuite des ensembles thématiques L’artiste et son public, L’art dans la cité, Lumière et géographie, Art et société dans les Pays-Bas. Tout cela est élaboré à la lumière des trois critères, trois dominantes chères à Taine que sont la Race, le Milieu et le Moment.

    L’art et le “milieu”
    Dans sa Philosophie de l’art il veut montrer que l’art fonctionne selon des “conditions précises et des lois fixes”.
        Pour Taine, le “milieu”, c’est-à-dire l’état général des mœurs et des esprits, détermine l’espèce des œuvres d’art en ne souffrant que celles qui lui sont conformes et en éliminant les autres espèces. Ainsi explique-t-il la genèses des œuvres d’art par la théorie de facteurs :
        - la race (facteur individuel)
        - le milieu (facteur géographique)
        - le moment (facteur sociologique)


    Parmi les idées proposées, en voici deux (parmi d’autres) qui m’ont personnellement semblé intéressantes à retenir : « l’œuvre d’art est déterminée par un ensemble qui est l’état d’esprit et des mœurs environnantes » ; l’artiste ferait donc de l’art pour un public donné (dans la partie sur l’artiste et son public). « Dans la contrée sèche [l’Italie], la ligne prédomine […] ; et tous les objets s’enlèvent en arrêtes vives dans l’air limpide. Ici [aux Pays-Bas] l’horizon plat n’a pas d’intérêt, et les contours des choses sont amollis, estompés, brouillés par la vapeur imperceptible qui nage éternellement dans l’air ; ce qui prédomine, c’est la tache. » (dans la partie ‘Lumière et géographie’) Le taux d’humidité de l’air serait donc en partie responsable des différences entre les façon de peindre flamandes et italiennes.


    Voyager dans l’art. Donc forcément voyager en Italie puisque nous sommes, en ce XIXè siècle encore en pleine mode du Grand tour (initié au XVIè siècle ; l’expression de Grand Tour désignait à l’origine le voyage nécessaire à l’éducation et au bagage culturel des jeunes Anglais de bonnes familles), et que pour se former, pour se confronter à leur savoir, les jeunes gens, les artistes, les écrivains font ce Grand tour. Mais le voyage en Italie qu’entreprend Taine est avant tout un “voyage de convalescence” après des déboires sentimentaux. C’est donc le 10 février 1864 qu’il embarque pour l’Italie et Civitàvecchia. Taine réalise son tour d’Italie dans le sens inverse de celui de la plupart des autres voyageurs. En effet, le plus souvent on observe un itinéraire en boucle avec un aller vers le Sud et un retour vers le Nord. Lui choisit d’effectuer rapidement cet aller en bateau et de faire le retour en visitant le pays après avoir séjourné un mois à Rome. Il est de retour vers le mois de mai de la même année. Ce sont les principales étapes de ce périple qui sont relatées dans le récit Voyage en Italie parmi lesquelles, outre Rome, Venise, Florence, Pérouse, Assise ou encore Pise tiennent une place particulière. Les extraits retenus ici évoquent l’architecture romaine car dit Taine « Les naturalistes le savent, on comprend très bien l’animal d’après la coquille » ; Villas Borghèse & Ludovisi, Palais Farnèse & Sciarra et Doria & Borghèse, notamment sont examinés. Puis on passe à Venise (« Journée en gondole ; il faut d’abord errer et voir l’ensemble. ») nous errons donc avec l’auteur. Et enfin, visite au Tintoret (« Je crois qu’avant de l’avoir vu on n’a pas l’idée de l’imagination humaine.).


    On n’est pas forcément d’accord avec Taine et sa pensée (pas précisément) positiviste, déterministe souvent aussi. Mais cette pensée souvent bien exposée par l’auteur, bien écrite et pédagogique nous amène à la réflexion sur l’art, nous permet d’avoir des biais différents sur l’histoire de l’art ainsi que sur l’histoire de l’histoire de l’art. Et en plus, Taine ne s’arrête pas à l’art en tant que tel mais observe tout ce qui l’entoure (lui et l’art) n’hésitant pas à se mettre dans ses texte (voir l’essai sur ‘Les beaux-arts en France’) de façon anecdotique.


    N. Gobenceaux – Mai 2009


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